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Hôpital. Des œillères politiciennes pour nier la menace

Hôpital. Des œillères politiciennes pour nier la menace



Château-Thierry -

Je vais tout vous dire (com dab). Cette semaine*, j’avais prévu de traiter d’un autre sujet d’actualité. Toutefois, après avoir lu les témoignages collectés auprès d’habitants et d’élus par notre excellent confrère L’Union dans sa livraison du 21 novembre à propos de l’avenir de l’hôpital... eh bien, je suis particulièrement remonté.

Remonté au vu de celles et ceux qui, dans la population, déclarent n’être en rien au courant de ce qui se passe. Quand on est journaliste de proximité et que l’on croit, chaque jour ou chaque quinzaine, pouvoir utilement informer localement une petite centaine de milliers de lecteurs... une telle ignorance et un tel désintérêt pour la vie publique ça vous rend forcément humble de chez humble !

Remonté aussi et surtout vis-à-vis de ces élus (de droite) qui, face à la menace de démantèlement du centre hospitalier castel, font montre de tant d’indifférence et de passivité. Pire encore, ceux qui, figés dans leur posture partisane, le champ de vision restreint par les œillères politiciennes, s’obstinent à nier l’évidence.

Parce que la “consultation citoyenne” est organisée par les élus d’en face, c’est uniquement en raison de ce sectarisme que nombre d’habitants n’ont pas été invités à aller s’exprimer sur la question, en leur mairie, ce dimanche 25 novembre.

 

Pas que du pipeau...

Le projet de Schéma Régional d’Organisation des Soins (SROS 3 hospitalier) que sont en train de vouloir nous imposer les technocrates de l’Agence Régionale de Santé (ARS de Picardie), malgré un langage alambiqué façon ENA, laisse pourtant apparaître – à quiconque sait normalement lire et pas qu’entre les lignes - de bien sombres desseins pour l’hôpital castel.

L’alerte déclenchée dès le mois de mars par le représentant local F.O. quant à la menace de suppression des gardes chirurgicales de nuit et week-end - lesquelles se trouvent d’ores et déjà effectivement transformées en simples astreintes - était-ce du pipeau ?

Perspectives bidon également que la déclassification de la maternité reconnue “niveau 2A” en “niveau 1” ; la suppression du service de néonatologie qui fonctionne depuis des dizaines d’années ; la délocalisation  de l’unité de soins intensifs en cardiologie ; la réduction, voire la suppression de la réanimation (malgré un taux de remplissage de 100%) ; l’obligation pour l’hôpital castel d’envoyer ses patients victimes d’un infarctus du myocarde ou d’un accident vasculaire cérébral à Soissons puis obligatoirement à Amiens alors que des conventions sont passées avec le CHU de Reims depuis des années pour d’excellents résultats ou encore le détricotage des filières avec l’institut de cancérologie Godinot ?

Tous ces “documents de travail” de 300 pages et plus qui, depuis des semaines, nous redescendent en direct d’Amiens et de Laon par l’intermédiaire, et des syndicats, et des médecins hospitaliers, et des élus, ne sont-ils là que pour amuser la galerie ?  Nous prendrait-on pour des “gallinettes cendrées” ?

 

L’ombre de Roselyne

Dans la grande manif de protestation du 17 novembre, j’ai vu, aussi, des élus de droite (sans œillères ceux-là), partageant l’inquiétude générale quant au devenir de l’offre de soins hospitalière sur notre territoire du sud de l’Aisne. Le vrai “sud de l’Aisne” ; pas celui qui, selon l’ARS de Picardie, comprend soudain Laon et Soissons pour mieux dépecer Château-Thierry.

L’ex-députée, Isabelle Vasseur, qui prétend texto que « les menaces agitées ici et là restent infondées », n’a donc rien changé de son discours ; elle qui, dans son ultime meeting électoral, à 48 heures de la chute de la majorité précédente, avait encore appelé en soutien, la ministre du vaccin H1N1 Roselyne Bachelot, initiatrice de la réforme hospitalière en cours (loi cadre Hôpital, Patient, Santé, Territoire). C’est à cause de grosses bévues de ce genre qu’on perd son mandat. Or, la leçon n’a visiblement servi à rien puisque la maire de Ronchères persiste et signe. En cas de démantèlement de notre hôpital et d’instauration ici d’un irréversible désert sanitaire, je ne lui souhaite vraiment pas, pour elle ou pour l’un de ses proches, d’être, un jour, obligée d’aller se faire soigner à 180 km de son domicile. Maintenant, qui vivra verra et Dieu reconnaîtra les (politi) ciens !

 

 

 

 

 

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